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Musicien intervenant

Rencontre avec Mireille Gosset, Dumiste

Par Jean-Baptiste le 27 novembre 2014.



Vous êtes Dumiste, donc titulaire du DUMI, mais le DUMI qu'est-ce que c'est ?

DUMI signifie Diplôme Universitaire d'Intervenant en École. Ce diplôme me permet de développer des projets musicaux en école maternelle et école primaire. Je peux travailler en association ou proposer mes services en école de musique également, en tant que prof d’éveil musical ou formation musicale. Il s’obtient après l’obtention d’un DEUG de musicologie. (deux années d’étude, ndlr), deux années pour obtenir le diplôme, des stages sur le terrain et une soutenance de mémoire.

Pouvez-nous raconter vos débuts de carrière ?

J’ai fait plusieurs postes. Pour commencer, j’ai fait des associations. Les premières années, il peut arriver qu’on ait plusieurs employeurs à la fois. La première année, j’étais employée dans le Cher par la fédération nationale des centres musicaux ruraux, je ne sais pas si ça existe encore, la FNCMR, j’avais aussi une école musique et encore d’autres employeurs. L’année suivante j’ai été employée par une commune de l’Ain où j’avais un temps plein. Après je suis allée dans la Sarthe où je n’ai eu tout de suite de poste en primaire, j’ai travaillé un an dans un collège privé, en tant que vacataire. Actuellement, je suis employée d’une collectivité territoriale, un syndicat de commune, il s’agit d’un regroupement en syndicat de deux inter-communalités. Je suis fonctionnaire de la fonction publique territoriale et le poste est chapoté par l’école de musique et j’interviens sur une quinzaine d’écoles dans l’est du département.

Vous êtes titulaire ?

Oui, je suis titulaire. J’ai un temps plein, je fais 20 heures.

Un poste en collège c’est ce qui attend la majorité des étudiants de musicologie, cela ne vous intéressait pas ?

Pas plus que ça, j’aime bien le public plus jeune.

En quoi consiste le travail d’intervenant en école ?

J’aide les professeurs des écoles à monter leurs projets musicaux, quand ils en ont. Quand ils n’en ont pas, je fais de l’éveil musical, de façon générale. Je fais de l’écoute, des jeux rythmiques, beaucoup de chant. Il y a souvent un concert au bout, c’est le but du jeu. Monter une rencontre chorale ou un concert au sein de l’école. Je suis aussi travailler de petites choses pour la fête de Noël ou la kermesse. Pour les projets, pour les chants, pour le travail d’écoute, je suis ouverte à toutes les propositions, à part peut-être le rap, avec lequel j’ai un peu plus de mal. Pour les choses un peu commerciale, je le dis d’écouter ça à la maison. J’aime bien ratisser large, leur faire entendre le maximum de choses possibles.

Trouvez-vous du matériel sur place ou amenez-vous votre propre matériel ?

La plupart du temps il y a quelques petites percus dans les écoles, j’invite à en racheter en fonction des projets. J’en ai beaucoup à la maison, je suis obligée de prendre mon matériel aussi.

L’enseignant est-il présent pendant le temps de musique ?

Oui, c’est obligatoire. Je ne suis pas responsable de la classe.

Combien d’heures par semaine et par classe ?

Ça dépend des niveaux. Je travaille beaucoup avec le cycle II et ce sont des séances de 40-45 minutes par semaine. Il faut donc multiplier les classes et le nombre d’élèves peut être impressionnant. Chaque début d’année, je fais un décompte du nombre d’élève et j’hallucine un peu, ça tourne autour des 580.

Qu’est-ce qui est le plus dur dans le métier ?

Parfois je passe un peu en coup de vent. Je suis en milieu rural et j’ai parfois une seule classe à voir dans la ville avant de repartir pour une autre école. J’aimerais bien parfois m’investir davantage avec une équipe enseignante ou écouter leurs anectodes mais ce n’est pas possible. Je suis toujours par monts et par vaux, je perds beaucoup de temps et d’energie sur la route. Je dois trouver mille projets à l’heure pour chaque école et ce n’est pas facile de s’inverstir correctement dans chaque projet.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus ?

En même temps c’est ça aussi : la mobilité, le plaisir qu’on apporte aux enfants. C’est surtout ça et la joie de chanter.

Est-ce qu’il vous paraît possible de faire ce métier jusqu’à la retraite ?

Aïe ! Là j’ai 43 ans et je commence à me poser la question. C’est fatigant, il faut porter les sacs d’instruments. Les trajets surtout sont usants.

Rencontrez-vous des problèmes de discipline ?

Ah oui, les enfants ont de plus en plus du mal à écouter les autres, à se concentrer. En primaire comme en maternelle, oui, de plus en plus. Ça fait presque 20 ans que je fais ce métier et je note une dégradation sensible de l’attention des élèves.

Merci Mireille






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2. Posté le 29 novembre 2014 à 18h27 par Webmaster


Quand on sait faire et qu'on en a envie, c'est formidable. Même pour quelqu'un qui ne s'en sent pas capable, je trouve intéressant de pouvoir laisser le travail à un professionnel. Dans l'école de mes enfants, par exemple, il y a peu de musique et aucun intervenant. Question de choix.
1. Posté le 28 novembre 2014 à 18h40 par yriviere


Sans avoir vos diplômes, j'ai fait de l'animation musicale ( de la petite section jusqu'en CM2 ) pendant 30 ans !! J'étais institutrice et je "décloisonnais " afin que les élèves puissent faire de la musique : chorale , écoute , musique d'ensemble ( formation ORFF et Jos Wuytack ) et je suis d'accord avec vous , ces dernières années , j'ai constaté nettement moi d'attention et de motivation chez les enfants y compris en maternelle !!