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Accordéoniste professionnel

Rencontre avec Jérôme Richard, accordéoniste et plus encore...

Par Jean-Baptiste le 05 décembre 2014.



Vous êtes accordéoniste mais vous avez aussi d'autres casquettes ?

En effet je suis aussi compositeur, nous avons aussi un studio d'enregistrement dans lequel on réalise des albums pour des collègues et je m'occupe aussi d'une émission de télévision qui s'appelle 1, 2, 3, musette, visible sur près de vingt chaînes de la T.N.T. J'en réalise la programmation et j'ai une chronique. Sinon : prestations, concerts et bals musette avec l'orchestre de musiciens. Je suis aussi directeur artistique d'une marque d'accordéons, la marque Ballon Burini, basée en Italie. Là, je m'occupe du développement technique des instruments. C'est une fabrique très connue à l'international qui fait des accordéons diatoniques, chromatiques à basse standard et chromatiques à basse classique.

Vous arrivez donc à vivre de votre instrument ?

Oui, cela fait de nombreuses années que je fais ce métier.

Quelle a été votre formation musicale ?

J'ai commencé à étudier avec un professeur privé, dans le Maine-et-Loire, tout en étant au conservatoire pour le solfège. Je suis ensuite monté à Paris pour travailler au conservatoire du IXème arrondissement avec Frédéric Deschamps pour préparer tous les prix internationaux. Il y a quatre gros concours importants dans le monde de l'accordéon dans différentes catégories. Il y a une catégorie variété qui correspondra à des classiques de l'accordéon, du jazz, des arrangements de chansons françaises. Il y a aussi un système d'accordéon méconnu en France qui s'appelle le bayen, un modèle très utilisé dans le reste de l'Europe, en Russie notamment (bayen signifie accordéon en russe) sur lequel on réalise des transcriptions de pièces contemporaines. C'est le système du basse chromatique, comme sur un piano. Sur l'accordéon chromatique standard, on a le clavier droit pour faire la mélodie et le clavier gauche, à boutons, pour réaliser l'accompagnement avec des basses et des accords déjà pré-fabriqués. C'est l'accordéon le plus commun, celui qui est utilisé dans la chanson, dans la variété. Le basse chromatique, lui, possède deux claviers mélodiques, à gauche et à droite. C'est pour cela qu'on peut réaliser des transcriptions beaucoup plus complètes. Il est très utilisé en classique. Je joue des deux. J'ai donc remporté quatre grands prix internationaux en variété, deux en classique mais il y a déjà quelques années maintenant.

En savoir plus : Biographie de Jérôme Richard

Le basse chromatique demande donc un apprentissage particulier ?

Complètement. C'est d'ailleurs le basse chromatique qui est enseigné au conservatoire. C'est un autre instrument, un autre répertoire. On doit retravailler sa main gauche.

Les concours ont donc une grande importance dans le milieu de l'accordéon ?

De moins en moins, je dirais. Les concours c'est surtout la carotte. Ça permet surtout de travailler l'instrument, de se confronter aux différents accordéonistes du monde entier, de voir ce qui se fait dans le monde de l'accordéon en général, de faire des rencontres et d'échanger des répertoires.

Avez-vous un répertoire de prédilection ?

Le classique, je n'ai pas abandonné parce que les bases sont là mais c'est un peu moins mon domaine. J'ai pourtant vécu six ans grâce au classique, je suis un des seuls. Je travaillais pour les jeunesses musicales de France et j'avais monté un spectacle avec mon ancien professeur où l'on confrontait l'accordéon populaire à l'accordéon classique. Mais le classique ne fait pas vivre. Les grands concertistes sont tous professeurs en conservatoire.

Quel statut avez-vous ?

Je suis intermittent du spectacle mais j'ai aussi une société pour tout ce qui est en relation avec la marque Ballone Burini.

Avec ces multiples casquettes, vos journées doivent être très variées ?

C'est ce qui est intéressant dans le métier, ce n'est jamais deux fois pareil, ce n'est jamais la routine. Après, il faut s'organiser au mieux parce que ça fait beaucoup de choses à gérer entre les contrats, le côté administratif, les répétitions car il faut bien travailler l'instrument, la programmation des émissions.

Vous arrivez à dégager du temps pour le travail de l'instrument de manière régulière ?

Ça dépendra des événements. Quand j'ai un gros concert à préparer, je vais m'y mettre un peu plus sérieusement. L'accordéon est un instrument relativement jeune qui progresse d'années en années. La facture instrumentale en elle-même progresse. Les claviers sont plus souples, les instruments sont plus légers mais la pédagogie évolue elle aussi. C'est à dire que les nouvelles pédagogies, enseignées notamment par mon ancien professeur Frédéric Deschamps nous permettent de travailler et de ne pas jouer. Bon nombre de musiciens, dans le monde de l'accordéon, vont être amenés à répéter leurs erreurs et là on a des systèmes qui nous permettent de retravailler la technique, la souplesse plus rapidement. Ça permet de perdre un peu moins de temps et d'être plus efficaces.

Donnez-vous également des cours ?

Je n'ai pas d'élèves à proprement parler mais je me déplace ponctuellement dans différentes écoles de musique pour faire des master class ou proposer des stages en France comme à l'étranger et dans lesquels je reviens sur ces différentes pédagogies.

L'accordéon est souvent associé au musette et n'a pas toujours une très belle image. Qu'auriez-vous envie de dire pour combattre les idées reçues ?

Quoi qu'il arrive, l'accordéon fait partie de la culture française. Dans de nombreux pays étrangers, le Français c'est la tour Eiffel, la baguette, le vin rouge et l'accordéon. Après il a une connotation populaire, voire ringarde, mais la perception est en train de changer et on retrouve l'accordéon dans différents groupes de musiques modernes. Mais le musette, bien réalisé, plaît énormément à l'étranger. Le problème de la France n'est pas seulement celui de l'accordéon mais il est général. Les Français vont plutôt aller voir en spectacle un artiste qu'ils connaissent alors qu'à l'étranger on se déplacera plus pour aller découvrir un artiste.

Merci Jérôme

Jérôme Richard
Productions et Editions Musicales
Village du Verger
8, impasse de la Pommeraie
44119 Treillières
Le site web de Jérôme Richard
Le site web 1, 2, 3, zap
Le site de la marque ballon Burini






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1. Posté le 14 décembre 2015 à 11h21 par pavie2006


BONJOUR JEROME JE SUIS ACCORDEONISTE
AMATEUR AUTO DIDACTE J AI COMMENCER L ACCORDEON CHROMATIC BASSES COMPOSEES A
45ANS JEN AI MAINTENANT 81
MON PROBLEME CEST LA MAIN GAUCHE
EXISTE T IL UNE METHODE POUR BIEN TRAVAILLIER
LA MAIN GUAUCHE MERCI JEROME