Je suis triste, je m'inquiète,
Je ne sais plus que devenir.
Mon bon ami devait venir,
Et je l'attends ici seulette.
Hai luli, hai luli,
Qu'il fait donc triste sans mon ami !
Je m'assieds pour filer ma laine,
Le fil se casse dans ma main :
Allons ! je filerai demain,
Aujourd'hui je suis trop en peine.
Hai luli, hai luli,
Où peut donc être mon ami ?
Comme un petit veau suit sa mère,
Comme un berger suit ses moutons,
Comme un chevreau dans les vallons
Va chercher l'herbe printanière,
Hai luli, hai luli,
Je cherche partout mon ami...
Lorsque je vais à la fontaine,
Le matin, pour puiser de l'eau,
Sans y songer, avec mon seau,
J'entre dans le sentier qui mène,
Hai luli, hai luli,
A la porte de mon ami.
Hélas ! je languis dans l'attente,
Mon ami se plaît loin de moi ;
Peut-être il me manque de foi,
Auprès d'un nouvelle amante !
Hai luli, hai luli,
Aurais-je perdu mon ami ?
Ah ! s'il est vrai qu'il soit volage,
S'il doit un jour m'abandonner,
Le village n'a qu'à brûler
Et moi-même avec le village !
Hai luli, hai luli,
À quoi bon vivre sans ami ?