Cette chanson évoque un épisode héroïque de l'histoire maritime bretonne. Elle met en scène les marins de Morlaix, fiers et courageux, qui embarquent sur la frégate "La Cordelière" sous le commandement de Primauguet pour affronter les Anglais. La haine contre l'ennemi d'outre-Manche transparaît à tous les couplets. À la fin, dans un geste suicidaire, les deux bâteaux coulent. Bon... Suis-je naïf ou idéaliste de penser qu'on aurait pu faire l'inverse ? C'est à dire : personne ne coule et tout le monde rentre chez soi retrouver sa femme et ses enfants, non orphelins ?
1. Durant que nous faisons le guet,
Parlons un peu de Primauguet,
Qui commandait la « Cordelière »,
La frégate armée à Morlaix
Pour faire la chasse aux Anglais !
2. Nos gâs, chantant à cœur perdu,
Abandonnèrent le Dourdu...
Ils s'en allaient, la mine fière,
Combattre l'ennemi vainqueur,
L'espoir aux yeux, la haine au cœur !
3. C'est vers la pointe Saint-Mathieu
Que Primauguet, le vaillant fieu,
Voyant une frégate anglaise,
Fondit dessus comme un autour :
C'était pour li dire : Bonjour !
4. Comme on allait prendre d'assaut,
À l'abordage, son vaisseau,
Le sale Anglais, mal à son aise,
Nous mit le feu par les deux bouts
Et prit le large au vent à nous !
5. La « Cordelière » au ras du flot
Flambait tout comme un grand brûlot.
« Pour li rendre sa politesse,
Dit Hervé, Je vas, sans délais,
Allumer la pipe à l'Anglais ! »
6. Le failli-chien le vit venir,
Fit force-voiles pour s'enfuir...
Hervé, le gagnant de vitesse,
Dit : « La Mer sera mon linceul,
Mais je n'y vas pas coucher seul ! »
7. Et, l'accostant par son tribord,
Il y mit la flamme à son bord...
C'est un honneur pour l'Angleterre
D'avoir vu sauter tous les siens
Avec nos braves Morlaisiens !
8. À nos enfants n'oublions pas
De parler des douze cents gâs
Qombrés avec la « Cordelière »
En entraînant trois mille Anglais !
C'est la devise de Morlaix : « Si Anglais te mordent... mords-les ! »