La partition « Jobic le philosophe »

Théodore Botrel

 

Le texte est un dialogue entre deux personnages, Jobic, qu'on retrouve dans le titre, fait preuve d’une philosophie de vie toute personnelle et courageuse face à l’adversité. Tandis qu’on lui annonce des malheurs – la destruction de la maison familiale, la perte de son héritage, la fuite de sa femme avec son cousin, et la responsabilité inattendue de deux de enfants, inconnus– Jobic réagit avec détachement et humour. Il accueille chaque mauvaise nouvelle avec philosophe (selon l'expression populaire), ou avec sagesse, pourrait-on dire aussi, trouvant toujours une raison de ne pas s’en faire. Pour lui, la vie se résume à l’essentiel : un bateau pour dormir, la pêche pour vivre, et la capacité de chanter et de boire avec ses amis.


Jobic le philosophe

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Paroles

1. Durant qu'aux pays inconnus
Tu voguais à ta guise,
Ben des tracas te sont venus
Qu'il faut que je te dise...
Espère un peu, je veux d'abord
Avaler une « goutte » :
Je n'en avais plus à mon bord...
Parle à présent, mon gâs, j'écoute !

2. D'abord, la maison de tes vieux,
Une nuit de tempête,
S'est tout-à-coup fendue en deux
Des pieds jusqu'à la tête...
Je suis content de la savoir
Détruite par la houle,
Car j'aurais pu la recevoir
Moi-même, un soir, dessus la goule !

3. Puis, ton pauvre père enterré,
Le Maire du Village,
En quelques jours a dévoré
Tout ton maigre héritage...
Je suis ravi que mon argent
Ait pu le satisfaire
Moi qui fus toujours indigent !
Je n'aurais su, vraiment, qu'en faire !

4. Ça n'est point tout : le grand Louis
Ton cousin, cet infâme !
A pris la route de Paris
En emmenant ta femme
Il a ben fait de s'ensauver
Avec ma ménagère
M'a-t-elle assez fait endêver
Depuis dix ans cette mégère !

5. Le plus triste est que ce Judas
N'a pris que sa cousine :
Ils ont laissé deux petits gàs
Pour toi, chez la voisine !.
Va me quérir ces guenillons !
Mon âme est satisfaite :
Moi qui voulais deux moussaillons..
J'aime à trouver besogne faite !

6. Qu'ai-je besoin d'une maison :
Dans mon batiau je couche !
Qu'ai-je besoin de la Lison :
Je dors comme une souche !
Qu'ai-je besoin de quelques sous
Lorsque la pêche donne ?
Buvons, chantons, résignons-nous :
Tout compte fait, la Vie est bonne !

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