Paroles
J'ai vu des oiseaux, ce matin,
Se becquant d'un air mutin
Sur un gros frêne,
Pendant qu'un pinson, l'œil moqueur,
Regardait, jaloux, le vainqueur
Du haut d'un chêne.
L'oiselle, une gente fauvette,
Tout entière à son amourette,
Chantait gaiement.
Et, contente d'une caresse,
Ne déguisait pas sa tendresse
À son amant.
Ce ravissant duo d'amour
Aurait bien duré tout le jour,
Et l'aube blanche
Eût retrouvé nos deux amants
Se tenant des propos charmants
Sur une branche.
Mais l'oiselle, d'humeur volage,
Du pinson goûtant le ramage,
Partit soudain !
Et l'oiseau, qui vit l'infidèle
De son rival accepter l'aile,
Fut si chagrin
Qu'on n'entendit plus sa chanson.
Et que le soir, près d'un buisson,
Las de souffrance,
Il mourut, le pauvre amoureux,
Ayant perdu de vivre à deux
Toute espérance.