Paroles
1. Tandis que l'homme au cabaret
Boit et s'amuse, à c'qu'il paraît,
La femme est là qui se démanche,
À travailler fête et dimanche.
Elle travaille, mais son cœur
Lui répète que le bonheur,
C'est l'amour, et, toute rêveuse,
Ell' se d'mand' comment être heureuse.
De la bouteille le glou, glou, glou,
Endort le mari sous la treille,
R'gardant l'horlog' la femm' qui veille
Écoute l'oiseau qui dit coucou.
La bouteill' fait glou, glou, glou, glou, glou, glou,
Et l'oiseau dit : coucou, coucou, coucou,
Glou, glou, glou, glou, glou, glou, coucou, coucou, coucou.
2. En se disant qu'avec le vin
On oublie le plus noir chagrin,
On boit pour noyer l'ennui, Dam !
C'est oublier aussi sa femme,
Or ça peut dev'nir dangereux,
Et profiter aux amoureux,
Rien ne l'prouve mieux que l'histoire
De Beauchu, le mari d'Victoire.
3. Beauchu, qu'était bon ouvrier,
Déserte bientôt l'atelier ;
Puis abandonne son ménage,
Et Victoir' qu'était pourtant sage,
S'en va pour changer de tourment
Se venger auprès d'un amant.
Tout en trébuchant, notre ivrogne
Crie au retour : en v'là d'la b'sogne !
4. Le lendemain, r'prenant son bon sens,
Beauchu, quand il n'en est plus temps,
Jure bien de n'plus jamais boire ;
Mais en vain il appelle Victoire,
Seul à son tour, et le cœur contrit,
Il suit l'horloge où sans répit,
L'oiseau sortant de sa demeure,
Vient lui répéter à chaque heure :
Coucou, coucou, coucou, coucou,
Voilà le fruit de la bouteille ;
Victoire, qu'était honnêt' la veille,
Est à présent on ne sait où.
Plus de glou, glou, glou, glou, glou, glou,
L'oiseau seul répète : coucou, coucou,
Adieu le glou, glou, glou, glou, glou,
Qu'a remplacé coucou, coucou.