Petit enfant, fragile et beau,
Cher petit être que j'adore
Pourquoi garder, dans to berceau,
Les yeux ouverts jusqu'à l'aurore?
Dis nous quel ancêtre lointain,
Avide encor d'heures humaines,
Vient pour suivre un rêve incertain
Dans la paix de tes nuits sereines?
Par tes yeux purs aux regards doux
Quelle âme à nos âmes se mêle?
Qui donc redescend parmi nous,
Quel cœur aux nôtre se révèle?
A-t-il besoin, pour être heureux,
Que l'on pense à lui, qu'on le pleure?
Que veut-il qu'on lise entes yeux?
Craint-il que son souvenir meure?
Non !
Tes yeux noirs ont l'air riant
De celui qui s'en fut naguère...
Dans les regards de mon enfant
C'est « toi » qui reviens...
Merci, père !