Paroles
Non, la jouvencelle
Innocente et belle,
Du petit Dieu Cupidon
N'apercevait pas l'aîlle
1. Aux temps de l'antique Jouvence
Un jeune et charmant batelier,
Aux bords du fleuve de Provence
Arriva sur un fin voilier ;
Sa beauté fit un tel tapage
Que l'on vit aller chaque soir
Se promener sur le rivage
Quelque fillette pour le voir.
2. S'apercevant de ce manège
Il s'éprit, à ce que l'on croit,
D'une brunette au sein de neige,
La plus mignonne de l'endroit ;
Il lui conta si bien fleurette
Et lui jura si tendre amour
Qu'avec lui resta la pauvrette
Jusqu'à ce que revînt le jour.
3. Il fut constant huit jours à peine,
Et comme il n'avait qu'à choisir,
Après la brune, une châtaigne
But à la coupe du plaisir ;
Ce fut ensuite au tour des blondes !
Il fit pleurer deux grands yeux bleus
Qui reflétaient comme les ondes,
Le magnifique azur des cieux.
4. Puis il s'éloigna du rivage
Un matin au soleil levant,
En laissant à chacune un gage
De l'amour le plus inconstant ;
Et c'est aux temps de la Jouvence
Que le petit Dieu Cupidon
S'éprit des filles de Provence
Et de sa beauté leur fit don.