Paroles
1. Employé des pompes funèbres,
Toujours vêtu d'un habit noir,
Pour la contrée, si j'ai l'air lugubre d'abord,
De vous à moi, qui a pu me voir
Ainsi qu'un oiseau de malheur ?
On a bien tort :
Je n'ai plus mon costume,
Je suis gai comme un croque-mort !
Je suis gai comme un croque-mort !
2. Ces mots qu'en raillant on répète
Ont cependant un sens profond :
Toute tristesse trop complète
Produit une réaction.
Lorsque d'attrister son visage
On doit longtemps faire l'effort,
Il faut bien qu'on se dédommage…
Nul n'est plus gai qu'un croque-mort !
Nul n'est plus gai qu'un croque-mort !
3. N'est-il pas assez risible,
Le mal que font les humains ?
Pour eux la mort invisible
Fait agir mes larges mains.
Riches, pauvres, à bout de frein,
Chacun subit le même sort.
Moi-même aussi, c'est le plus drôle !
Nul n'est plus gai qu'un croque-mort !
Nul n'est plus gai qu'un croque-mort !
4. Ce sobriquet que l'on me donne
Est bien étrange en vérité :
Je n'ai jamais croqué personne,
Les morts ne m'ont jamais tenté.
Mais arrosé de Bourgogne,
Un bon repas me convient fort,
Quand il peut se pousser la trogne…
Nul n'est plus gai qu'un croque-mort !
Nul n'est plus gai qu'un croque-mort !