Paroles
L'autre jour, c'était un dimanche,
De bon matin, au cerisier,
Je grimpai, portant mon panier,
Pour cueillir la cerise blanche !
Derrière moi monta Jacquot,
Le gas de la ferme voisine,
Et qui sans façon me lutine,
En me pinçant mon caraco !
Je me retourne pour lui dire :
Jacquot, veux-tu déménager !
— La cerise est bonne à manger
Me répond-il, pouffant de rire !
Pour l'ouvrage, on a plus de cœur
À deux, vois-tu, ma tourterelle,
La cueillette sera belle,
Je te le jure sur l'honneur.
— Jacquot, prends garde à la pervenche,
Si l'arbre venait à casser ?
— Là, cesse de me tracasser,
Sous nous je sens ployer la branche !
— La branche peut se balancer,
N'en redoute pas les surprises,
Bien dépouillé de ses cerises,
L'arbre saura se relever !
— Jacquot, qu'as-tu fait de l'échelle ?
Sautant, j'ai peur de me blesser !
— Eh bien ! j'irai la ramasser,
Mais... je veux un baiser, la belle.
J'ai déchiré mon bavolet,
Et j'ai froissé ma robe blanche,
Tandis qu'à la plus haute branche,
Le vent emportait mon bonnet !
Filles, croyez-moi, le dimanche,
Ne montez plus au cerisier ;
Au bras, portant votre panier,
Pour cueillir la cerise blanche.