Paroles
Livide, sanglant et tout oppressé,
Mais sentant toujours vaillante son âme,
Du front revenait un soldat blessé
Quand on lui remit un mot de sa femme.
Le pli contenait un peu de buvard
Sur lequel, chassant vite ses alarmes,
Il lut ces huit mots, tracés au hasard :
"Embrasse-le bien, il a bu mes larmes"
2. Anxieuse, émue, et les yeux rougis
Quoique par l'espoir toujours soutenue,
L'épouse veillait, seule, en son logis,
Quand on lui donna la lettre attendue.
Joint à la misère au ton angoissant,
Était le buvard où la femme aimante
Lut ces mots tracés d'une main tremblante
Embrasse-le bien, il a bu mon sang !